Pourquoi on rêve ? A quoi ça sert ? Qu’est-ce qui arrive à notre cerveau quand on rêve ? Est-ce qu’ils dissimulent quelque chose ?
Alala les rêves… Ce doux moments où tu es profondément endormi et que tu te retrouves soudainement à Poudlard, en train de voler sur un Nimbus 2000 à la quête du vif d’or… En plus d’être éblouissant et mystérieux, les rêves font ressortir notre côté pensif et contemplatif, bien que parfois ils peuvent être complètement à la dégringolade ! Par conséquent, tout un mystère se crée vis-à-vis de nos rêves et de notre vie nocturne c’est pourquoi aujourd’hui, on t’aide à mieux comprendre tes propres qualité onirique et la psychologie des rêves, tout en se focalisant sur ce qu’il se passe dans ton cerveau !
Concrètement, c’est quoi les rêves ?
Tout simplement, les rêves correspondent à une succession d’images, de pensées, de ressentis, de souvenirs et de sensations conçu pendant le sommeil. Toutes ces images sont subites, aléatoire et involontaire (dans la plupart des cas !)
On parle déjà des rêves dans l’Egypte antique (3150 av. J.-C.) comme étant des messagers divins de l’univers capable de donner des indices sur la vie futur et d’entrevoir les fruits d’un monde normalement imperceptible par les humains. D’après eux, les rêves seraient comme une quatrième dimension qui s’ouvrirait à la fermeture de nos paupières, laissant paraître un monde mystique créant un pont entre les dieux et les vivants. Ils ont par ailleurs étés les premiers à créer un guide d’interprétation des rêves leur servant de prophétie.

Instructions d’Amenemhat Ier, l’un des textes sur les rêves les plus célèbres en Egypte antique, 20ème siècle avant note ère
https://fr.wikipedia.org/wiki/Instructions_d%27Amenemhat
LES CYCLES DU SOMMEIL
Et oui, le rêve constitue tout une science dont il faut déjà connaître les bases pour pouvoir l’aborder ! Ce n’est un secret pour personnes, c’est lorsque l’on dort profondément que les rêves surgissent dans notre esprit. Mais à quel moment précisément ?
Sur une moyenne de 8 heures, un adulte rêve 2 heures par nuit !
Le sommeil se divise en quatre phases : l’éveil laissant place au sommeil lent, puis au sommeil profond et enfin le sommeil paradoxal (le fameux !).
Même quand on dort, alors que notre corps est en état de repos et de tranquillité totale, notre cerveau reste actif et éveillé. De ce fait, les neurones génèrent des ondes cérébrales dues à leur activité continue, que l’on mesure à l’aide d’un outil assez sophistiqué, tu l’auras deviné : le fameux électroencéphalogramme (ou EEG). L’étude de ces activités cérébrales durant le sommeil a permis de déterminer les différentes phases et cycles de la nuit !

EEG
https://leblob.fr/techno/eeg-electro-encephalographie
Mais celle qui nous intéressera particulièrement est la phase du sommeil paradoxal. D’où son nom, le sommeil paradoxal est tiré d’un phénomène de contraste entre l’état de notre corps qui est immobile, voire paralysé, et notre cerveau qui est tout aussi actif qu’à l’éveil : ainsi, le corps présente simultanément des signes d’éveil et de sommeil profond. À ce moment-là, la seule chose qui bouge, vulgairement, sont nos yeux et effectuent des mouvements rapides sous nos paupières. On qualifie ce stade de REM (Rapid Eye Movement), caractérisé par l’activation des rêves !
On rêve aussi pendant les autres phases du sommeil, mais puisque l’activité cérébrale est plus importante en sommeil paradoxal, les rêves deviennent plus abondants, intenses et imagés. On est donc plus susceptible de s’en souvenir !
LE DECHIFFREMENT
Concrètement, pourquoi on rêve ?
Cela fait plus d’un siècle que cette question intéresse les scientifiques, mais encore à l’heure d’aujourd’hui, on ne sait pas exactement pourquoi on rêve… Cependant, plusieurs recherches et théories ont été avancées !
“ Dans une étrange opposition avec des tournures d’après lesquelles les rêves perturbent les sommeils, nous devons reconnaître le rêve comme le gardien du sommeil ” Sur le rêve, Sigmund Freud
Sigmund Freud (1856-1939), célèbre neurologue autrichien et fondateur de la psychanalyse, publie sa fameuse Interprétation du rêve (1900) dans laquelle il émet des hypothèses sur l’origine et l’analyse des phénomènes oniriques. Selon lui, les rêves seraient une représentation de nos désirs et pensées les plus profonds, mais aussi de nos peurs et anxiétés, enfouies dans notre inconscient.
La psychanalyse est une méthode psychothérapeutique visant à faire ressurgir nos pensées internes, par l’expression de notre inconscient.
Pendant le sommeil, l’inconscient organise notre mémoire en créant de nouvelles connexions entre nos souvenirs. Ce processus génère des signaux électriques que la partie consciente de notre cerveau peine à déchiffrer, ce qui nous conduit à vivre des rêves souvent insensés et absurdes. Ainsi, les rêves deviennent un épiphénomène (phénomène qui découle d’un évènement de base), reflet du travail de l’inconscient et de ses efforts pour donner sens à la complexité de nos expériences et émotions.
Certaines théories suggèrent que les rêves servent de préparation, nous confrontant à des situations difficiles pour mieux gérer nos émotions lorsque nous sommes éveillés. On parle alors d’ « overnight therapy », concept selon lequel les mauvais rêves permettent d’apaiser l’impact émotionnelle de nos expériences en projetant la réalité.

Statue de Morphée, Dieu des rêves (dans la mythologie greco-romaine)
https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl010095107
Les rêves pourraient aussi être considérés comme des graines semées par notre cerveau pour faire éclore notre mémoire. En effet, la reconstruction et le trie des souvenirs à lieu pendant le sommeil paradoxal, étape majeur de l’assimilations des informations importantes et de l’apprentissage à long terme. Cela s’exprime dans la notion de neuroplasticité, qui désigne la capacité du cerveau à créer, défaire ou réorganiser les réseaux et connexions neuronales.
De plus, des recherches menées sur des souris ont révélé que des individus privés de la phase REM durant leur sommeil avaient plus de difficultés à se souvenir des tâches apprises au cours de la journée. De façon plus général, chacune de nos phases de sommeil correspond à un aspect de la consolidation de la mémoire (Ce n’est pas un hasard si l’on souligne l’importance d’un sommeil de qualité !)
Toutefois, certains scientifiques affirment que les rêves n’ont aucune utilité et ne servent à rien !
LES REVES ET LE CERVEAU
Savais-tu qu’une part de la population affirme ne pas ou n’avoir jamais rêvé du tout ? Etonnant n’est-ce pas, d’autant plus qu’on a vu qu’on rêvait pendant toutes les phases du sommeil à un degré varié…
En réalité, plus la période de rêve est proche de l’éveil, plus on a de chances de s’en souvenir.
Mais alors, qu’est-ce qu’il se passe dans notre cerveau quand on rêve ?
Plusieurs zones du cerveau sont stimulés, notamment durant le sommeil paradoxal :
- L’amygdale, situé au sein de notre « mémoire émotionnel » (le système limbique) : met en place des mécanismes de défense qui associe à un stimulus extérieurs ou intérieur (dans le cas des rêves) une connotation positive ou négative. Cette représentation crée par notre cerveau est ensuite mémorisée, ce qui nous permet de faire le lien entre un évènement et sa signification, qu’elle soit dangereuse ou non (procédé essentiel à la survie).
Par exemple, tu sais d’emblée que sauter d’un immeuble de 10 étages est très dangereux et peut te coûter la vie, et ce grâce à ton système limbique !

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/32549-Cerveau-eteindre-douleur-grace-neurones-l-amygdale
- Le cortex visuel : Qui correspond au régions sensorielles et visuelles du cerveau, permettant de créer des images et d’assimiler les sensations

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-anatomie-et-examens/2955215-cortex-visuel/
- L’hippocampe (lui aussi dans le système limbique) : Gère la mémorisation et le traitement d’informations. Il est très actif pendant le sommeil car il permet de consolider la mémoire et de faire émerger nos souvenirs (c’est pour ça qu’il est parfois possible de rêver d’évènement lointain, comme l’enfance par exemple !)
C’est d’ailleurs l’une des principales structures atteintes dans le cas de la maladie d’Alzheimer (maladie neurodégénérative impliquant des problèmes de mémoires et de reconnaissance)

https://nospensees.fr/la-formation-hippocampique-structure-et-fonctions/
Ainsi, les rêves sont un produit de notre cerveau nous permettant de maîtriser nos émotions (amygdale), visualisant des évènement et lieux concrets (cortex visuel) et de fortifier les bâtisses de notre mémoire (hippocampe) ! Le cortex préfrontale, qui est le siège de la logique et du raisonnement est inactif pendant le sommeil paradoxal, ce qui explique le caractère parfois irrationnel des rêves !
LES CAUCHEMARS
Le sommeil est censé être un moment de détente et de sérénité, dans lequel nous sommes dans un état de repos complet. On cherche à entrer dans le monde éblouissant et surnaturel du rêve et pourtant, ils nous arrivent de croiser des détraqueurs à la place d’Harry, Hermione et Ron au sein du château de Poudlard…
Les cauchemars se fonde sur la même expérience que celle des rêves (images, visions, sensations) mais sont accompagnés de sentiments plus intense et alarmant tels que la peur, l’anxiété, l’épouvante et l’angoisse.
Tout comme les rêves, il y a pleins de théories farfelues sur l’origine et la signification des cauchemars, comme le fait de se faire posséder par des démons. En anglais, cauchemar se traduit par « nightmare » avec « night » = nuit et « mare »= jument. Le cauchemar serait donc une jument à l’apparence fantomatique, qui viendrait hanter notre sommeil, comme sur le célèbre tableau de Füssli :

Les cauchemars peuvent être causés par plusieurs facteurs :
- Le stress : Avoir trop de travail, la peur de passer devant tout le monde pendant un oral, que tes parents découvrent l’une de tes bêtises ou simplement le stress engendré dans la vie au quotidien
- Le sommeil irrégulier et déréglé : Les insomnies ou un déséquilibre du cycle chronobiologique favorise l’apparition des cauchemars
- La consommation excessive d’alcool
- Les personnes atteintes de trouble émotionnelle (dépression, crise d’angoisse…) ou en état de stress post-traumatique (ESPT) après avoir vécu une expérience traumatisante (accident, décès, guerre…) sont plus susceptible de faire des cauchemars.
Lorsque les cauchemars surviennent de façon répétée et chronique, on parle de « nightmare disorder », cas dans le quel il faut se diriger vers un professionnel de santé !
LES REVES LUCIDES
T’as déjà entendu parler des rêves lucides ? C’est un peu comme si, pouf, tu pouvais contrôler tes rêves et faire exactement ce que tu voulais ! Plutôt étonnant n’est-ce pas ?
Bien que le processus neurobiologique concernant les rêves lucides est encore flou, certaines études ont étés menées grâce a des techniques d’imageries mise en place pour étudier le fonctionnement du cerveau :

https://queensquare.com/services/functional-mri-fmri/
Le cortex préfrontal (comme vu précédemment : partie du cerveau liée au raisonnement, à la logique et à la prise de décision) serait partiellement actif et nous permettrait de prendre conscience du rêve que l’on est entrain de faire.
Certaines théories admettent qu’il est possible de faire un rêve lucide si on y pense avant de s’endormir, on parle d’induction mnémonique de rêve lucide (MILD). Perso, je n’ai jamais essayé !
PARALYSIES DU SOMMEIL
La paralysie du sommeil évoque souvent quelque chose d’effrayant et d’angoissant… Et si je te disais que ça ne se limite pas qu’à ça ?
La paralysie du sommeil est un état dans lequel le corps est paralysé juste après le réveille ou, au contraire, avant l’endormissement. Elle fait partie de ce qu’on appelle les parasomnies (terme regroupant un ensemble de troubles et expériences indésirables vécu lors du sommeil comme les cauchemars excessifs ou le somnambulisme).
Elles sont caractérisés par une reprise de conscience en pleine phase de sommeil REM. Toutefois, lors du sommeil paradoxal, nos muscles sont immobiles et fixes, c’est ce qu’on appelle l’atonie musculaire. C’est de là que vient le fait que l’on soit paralysé et plus en mesure de bouger.
De plus, les fameuses images effrayante qui apparaissent durant ces épisodes sont des hallucinations hypnagogique. Ce sont de brèves hallucinations, proche du rêve, qui se manifeste au moment de l’endormissement. L’individu est alors figé, incapable d’émettre le moindre son ou mouvement (seulement le temps de quelques minutes). Le plus souvent, il est possible de voir une silhouette sombre situé à proximité, et de ressentir une pression au niveau de la poitrine, engendrant des impressions d’étouffements et de panique.
Les épisodes de paralysie du sommeil ne sont pas dangereux mais peuvent induire un stress intense et des tourments émotionnels.
ET LES ANIMAUX ALORS ?
Je me suis souvent demandé, est-ce que les animaux peuvent rêver ?
La réponse est oui ! En effet, presque toutes les espèces animales peuvent rêver, allant de la poule à l’araignée !
Des chercheurs ont mené des études et ont constaté une variation de l’activité REM selon les espèces. Michel Jouvet, neurobiologiste français (1925-2017), a observé le comportement d’un chat en anesthésiant une région de son cerveau, le « pont« , liée à la motricité et au tonus musculaire qui empêche aux muscles de bouger pendant le sommeil.

https://fr.wiktionary.org/wiki/Fichier:Pons_image.png
En REM sans atonie, le chat est dans le même état qu’un individu atteint de somnambulisme (être capable de se déplacer en plein sommeil). Les chercheurs ont constaté que les chats reproduisaient, ou plutôt mimait, des évènements de leur vie quotidienne tel que attraper un jouet ou une souris, se battre contre un autre chat imaginaire etc…
Les rêves ne sont donc pas propres aux êtres humains, mais concernent également les animaux !
C’est dingue, n’est-ce pas ? Tu peux désormais te considérer comme un expert en la matière et tester tout ton entourage sur leur connaissances sur les rêves ! Allant de l’électro-encéphalogramme (j’en suis sûr que tu l’as retenu), au sommeil REM jusqu’à la paralysie du sommeil, il y a toute une sciences derrière le rêve qui se vaut bien d’être explorée 🙂
Au plaisir d’avoir contribué à illuminé tes synapses,

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